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Dijon : Keisho Ohno fait revivre le Japon ancestral !

Posted on: 6 juillet 2011


Source:http://www.dijonscope.com/

par Benjamin Hutter | dijOnscOpe | jeu 23 jun 11 | 08:29

Avez-vous déjà entendu parler de l’art du shamisen ? Cet instrument japonais ancestral très goûté par les publics européens fera escale à Dijon entre les mains d’un maître du genre, Keisho Ohno, samedi 25 juin 2011 dans le cadre du festival Destination Japon… Alexandre Langlais, son producteur en France, nous raconte l’histoire de l’instrument et le défi relevé par Keisho Ohno : le faire découvrir autour du globe…

Alexandre Langlais, bonjour. Avant d’évoquer l’art de Keisho Ohno, pouvez-vous décrire cet instrument ancestral, le tsugaru-shamisen ?

« Le shamisen est un instrument qui reste très étranger à la culture musicale occidentale. Néanmoins, il est vraiment l’instrument traditionnel par excellence du Japon. Beaucoup d’Européens l’assimilent, entre autres, à la geisha, même si traditionnellement elles ne sont pas les premières à avoir joué du shamisen… Cet instrument est né sous l’ère Edo (ndlr : vers 1600), puis a été importé de Chine via le Nord du Japon, alors centre névralgique des échanges commerciaux. Au contact du Nord du Japon, il devînt le tsugaru-shamisen, qui est l’instrument avec lequel Keisho Ohno joue aujourd’hui. Sa particularité est d’être un instrument beaucoup plus lourd et beaucoup plus grand que les autres shamisen, ce qui lui permet d’avoir des sonorités plus larges. Dans sa structure, il reste l’équivalent d’un luth, c’est-à-dire une guitare faite de trois cordes en soie, composée d’un bois du Nord du Japon et d’une peau. D’ailleurs, sorti de sa région, ce bois bouge beaucoup et le shamisen se désaccorde ! Ce n’est pas un instrument facile…

A l’origine, le shamisen se joue en solo. D’après ce que l’on sait, il était joué par les femmes, annonçant le départ des pêcheurs en mer par des aires mélancoliques… D’où les airs assez tristes de la tradition japonaise. Après avoir accompagné ces départs pour les grandes pêches, cet instrument a évolué pour accompagner des danses ou des pièces de théâtre lors des derniers siècles… Aujourd’hui, le shamisen est devenu aux yeux des Japonais quelque chose de complètement folklorique, plus du tout un instrument central dans la musique d’aujourd’hui ! Néanmoins, il reste un élément de sa culture musicale.

Au-delà de la technique, quelle est la philosophie du shamisen ?

En effet, il ne suffit pas d’être un maître shamisen techniquement. Toute l’énergie du musicien doit passer à travers l’instrument et cela demande une véritable concentration : le shamisen est très basique – sans frettes, seulement trois cordes -, et n’offre que peu d’éléments pour sonner… Il demande également une vraie maîtrise de la respiration, des vibrations et de l’ensemble des paramètres. En terme d’énergie, j’ai travaillé avec pas mal d’artistes mais Keisho dégage quelque chose qui tient vraiment du domaine de l’exceptionnel, dans le sens où c’est quelqu’un qui ne va pas compter. Il est capable de faire 25 dates d’affilée sans s’arrêter une seule fois ! Je l’ai suivi en février-mars 2011 sur sa tournée européenne et chaque soir, il mettait toute sa personne dans cet instrument très dur à jouer, frappé avec une palette utilisée comme médiator – les cordes sont jouées de manière très percussive. En terme d’énergie, le shamisen impose d’être vraiment investi, quelles que soient les conditions techniques, quel que soit le public…

Keisho Ohno est « maître shamisen » : quel a été son parcours ? Quelle est la signification d’une telle distinction dans l’art musical japonais ?

Etre maître shamisen, c’est avoir intégré une école et avoir suivi l’enseignement de l’un des grands maîtres du shamisen, ce qui est le cas de Keisho Ohno, puiqu’il a été l’élève de Chikuei Takahashi, lui-même disciple de Chikuzan Takahashi, le grand maître fondateur du tsugaru-shamisen. Arrivé à un stade, il a été désigné comme étant représentant de l’ordre de Chikuzan Bushi et a eu le droit d’enseigner le shamisen en dehors des frontières du Japon ; statut lui conférant le titre de maître shamisen. A ce stade, le disciple avait égalé le maître dans la hiérarchie de l’école de Chikuzan Bushi, qui est la meilleure de tsugaru-shamisen. Aujourd’hui, Keisho se décrit avant tout comme étant le représentant de cet instrument, plus qu’un « artiste » au sens occidental et la raison de ses nombreuses tournées à l’étranger ces dernières années n’était pas d’aller chercher le succès mais bien de faire entendre cet instrument au plus grand nombre.

Aujourd’hui, les Japonais trouvent cet instrument un peu dépassé. Quel est donc le public de Keisho Ohno ?

A cet instrument, Keisho a su apporter un souffle nouveau. Tout d’abord, il ne fait pas partie d’une génération ancrée dans la tradition puisqu’il a 35 ans… En réalité, il a tout de suite placé son instrument dans une fusion de plusieurs types de musiques pour toucher un plus grand public même si pour les Japonais, cet instrument est ringard, symbole de cultures ancestrales… Un peu comme si quelqu’un jouait du luth ou du clavecin avec de l’électro aujourd’hui en France ! Dans cet esprit, Keisho définit vraiment sa musique comme une fusion entre le shamisen et d’autres styles, comme le jazz ou le rock.

Au Japon, il existe quand même une demande – parce que les Japonais aiment retrouver certaines sensations à travers un instrument qu’ils connaissent – mais elle est beaucoup moins insistante qu’à l’étranger où, effectivement, nous avons ce goût de l’exotisme et cette mode autour du Japon qui se développe depuis quelques années… Donc Keisho, qui est quelqu’un qu’on ne connaît pas, avec son style un peu samouraï, nous interpelle, ce qui n’est pas vraiment le cas au Japon… ».

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1 Response to "Dijon : Keisho Ohno fait revivre le Japon ancestral !"

Je l’ai vu ! Il est venu dans ma ville fin février. C’était trop bien ! Moi qui aime les choses décalées j’ai été gâtée car le shamisen qui est un instrument quelque que peu désué fait, sous les doigts de Keisho, une musique incroyablement entraînante et gaie. Il a su réinventer cet instrument en une version moderne. A découvrir. Omedetô gosaimasu !

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